26/09/2008

Commerce de proximité

img012.jpgDE L’ART DE TROUVER DE L’ARGENT

 

L’Etat – comprendre ici le gouvernement, quoique les deux concepts ne se recoupent pas toujours, loin de là – a besoin d’argent. Dans cette recherche, il s’est dit qu’il pouvait trouver 500 millions d’euros en laissant augmenter de 10 % le prix du tabac (le fisc en prélève 80 %). Pour échapper au risque, réel, de l’expression de leur mécontentement par les buralistes, au contact permanent avec leurs clients, il a procédé astucieusement. Acte  1 : à Bercy, on convoque les fabricants de cigarettes, en leur suggérant fortement de demander d’eux-mêmes l’augmentation de 10 % de leurs produits. Le coup rate, les fabricants font la sourde oreille. Car ils savent bien que la hausse va leur porter une double atteinte, par l’intensification de la contrebande, d’une part, et par la diminution de consommation des fumeurs aux moyens limités, d’autre part.

 

Acte 2, beaucoup plus subtil. Il se joue avec la Confédération des buralistes, auquel le gouvernement fait savoir qu’il n’est pas hostile au rehaussement de la marge des buralistes sur le tabac, laquelle passerait de 6,125 % à 6,25 %. Bien entendu, ceci ne serait possible que si les cigarettes augmentent d’au moins 10 %. La Confédération des buralistes va-t-elle marcher ? On le saura le 16 octobre. Mais les pertes de clientèle par la contrebande et la baisse du pouvoir d’achat des clients devraient dévorer le relèvement de la marge.

 

On ne peut clôturer l’évocation de ce commerce de proximité sans évoquer la Française des Jeux. Elle a annoncé il y a peu un mirifique Nouveau Loto, peut-être pas si intéressant, pour les joueurs comme pour les détaillants, qu’elle veut bien le dire. Et, surtout, elle n’a pas dit, au moment de cette annonce, qu’elle suscitait la création de 4 000 nouveaux points de vente, ce qui aboutit nécessairement à une situation de concurrence exacerbée, donc à des fermetures tôt ou tard de professionnels. Ce faisant, la Française des Jeux viole impudemment ses propres règles d’implantation des points de vente, déterminées par un chiffre de population servie.

 

Si l’on réfléchit bien, là aussi, on sent l’Etat derrière. Il veut récupérer au plus vite, sans souci de l’avenir à moyen terme, de nouvelles ressources fiscales. C’est un calcul dangereux et malsain, qui menace le commerce de proximité.

18/09/2008

L'avenir des conseils de prud'hommes en danger

img010.jpgLE CORPS ELECTORAL DES CHEFS D’ENTREPRISE EN DEMOLITION

 

Les conditions pour le moins chaotiques de l’envoi des cartes d’électeurs dans l’ensemble des départements aux chefs d’entreprise concernés par les élections aux conseils de prud’hommes

témoignent clairement du peu d’intérêt des pouvoirs publics pour cette consultation. Alors que les salariés, en activité ou non, ont reçu massivement leur carte, il n’en va pas de même des employeurs. Sur 2 800 000 personnes en cause du côté des entreprises, les services de l’Etat estimaient au printemps à moins de 360 000 les patrons ayant au moins un salarié. Même en calculant au maximum les entreprises unipersonnelles, il y a un déficit de plus d’un million d’entre eux. D’innombrables employeurs parfaitement en règle, ayant rempli le document (très mal rédigé) exigé d’eux au printemps, n’ont toujours pas reçu leur document de vote.

On fait tout pour un résultat désastreux de ces élections, assurant d’avance le triomphe de la coalition MEDEF et un taux d’abstentions fabuleux.

 

Rappelons que ces élections sont en principe dotées d’un enjeu énorme, le calcul de la représentativité syndicale auprès des pouvoirs publics. Lesquels, consciemment ou non, semblent avoir décidé d’éradiquer les représentants des Indépendants.