18/07/2008

La désertification du territoire s'accentue

UN RECOURS SOLITAIRE AU CONSEIL D’ETATimg010.jpg

 

 

Agissant toute seule, la CGT a déposé début juillet un recours en illégalité contre les décrets du 29 mai supprimant 62 conseils de prud’hommes sur 271. Elle motive cette démarche devant le Conseil d’Etat au motif que la justice sociale devient ainsi « éloignée, plus lente et plus coûteuse », et que « la justice de proximité, efficace et rapide », est ainsi gravement mise en cause. Il est intéressant de relever qu’il n’y a pas eu d’action groupée des syndicats de salariés. Or, effectivement, les motifs invoqués par la CGT sont loin d’être dénués de fondement, en tout cas en ce qui concerne les petits patrons, qui souffriront le plus de la suppression de ces 62 conseils de prud’hommes.

 

 

En tout cas, nous observons que la CGT s’est bien gardée de chercher à rallier l’ensemble des organisations qui fournissent les conseillers à l’occasion de ce recours. Elle fait comme si les PME n’existaient pas. De sorte que, même si sa démarche est justifiée, elle en limite considérablement l’impact, par son attitude.

 

 

Nous n’avons pas les énormes moyens de la CGT lorsqu’elle enclenche ses actions, et nous devons tenir compte de nos possibilités. Nous sommes pour notre part hostiles aux suppressions, car elles accentuent la désertification de vastes espaces du territoire national, au mépris des équilibres économiques. Mais nous nous heurtons à l’extrême passivité des entreprises concernées. Nous ne monterons pas au créneau pour des suicidaires.

 

 

En l’occurrence, rappelons que l’intérêt des Indépendants ne se recoupe pas avec celui des très grandes entreprises, qui se moquent bien de l’avenir de la ruralité. L’évolution générale des entreprises rend une stratégie particulière pour les PME, PMI et TPE, indispensable. A l’heure actuelle, il est manifeste que les pouvoirs publics considèrent la création d’entreprises uniquement comme un moyen de diminuer le nombre des chômeurs. Cette politique à courte vue ne nous convient pas. La nécessaire coopération entre les divers acteurs syndicaux apparaît comme impossible, pour un ensemble complexe de raisons, dont certaines sont carrément inavouables. Nous devons, que cela nous plaise, ou non, en tenir compte. Devant les prud’hommes comme ailleurs.

05/12/2007

Vers la casse de l’Hôtellerie

 Un de ces Comités de la modernisation qui fleurissent autour de la Commission Attali propose pas moins que la fermeture du quart des hôtels de France. 187a1fcdb46fd4f3370605631e49a107.jpgLe prétexte : ils seraient vétustes, sur tel ou tel point, ils ne satisferaient pas aux normes exigibles par les clients (peintures écaillées, etc..). Ces établissements sont situés – ce n’est pas un hasard – dans les zones rurales et les petites villes.

Au lieu d’en proposer la rénovation, avec les incitations ad hoc, le comité veut les voir disparaître en cinq années au nombre de 1 500. Les dix dernières années,  1 500 hôtels ont déjà fermé, précisément dans les mêmes zones.

La désertification ne nous paraît pas la bonne solution, dans un pays qui est le premier au monde comme destination touristique. La rénovation, oui, la casse, non.

28/03/2007

Communes rurales et services publics

Parce que nous sommes opposés à une fiscalité écrasante, des critiques se croyant astucieux nous opposent la nécessité d’empêcher le départ des infrastructures publiques des communes rurales. Si un bureau de poste, par exemple, ferme, telle société de communication est condamnée au départ, ou à la liquidation.

Conclusion : des impôts locaux, de plus en plus lourds, seraient justifiés.

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Ce n’est pas ainsi que se pose le problème. D’abord du fait que la Poste est plus une société privée qu’autre chose, et elle n’a que faire d’un maire. Mais elle agit en monopole, de façon erronée, dans sa gestion quotidienne, y compris dans les métropoles. Traiter du courrier en zone rurale fait découvrir une multitude de problèmes. L’un de ceux-ci est la concurrence déloyale des municipalités au détriment d’entrepreneurs privés. Est-il normal qu’une salle communale, parfaitement équipée,  serve à toutes occasions des repas complets à ses administrés, tuant le restaurant implanté sur son sol ? Les prix communaux sont évidemment imbattables, puisque les contribuables couvrent le prix de revient. On pourrait multiplier les exemples.

 

D’autre part, il est indéniable que les plus gros clients des Indépendants dans la ruralité sont les collectivités territoriales. Le discours antifiscal classique se heurte à cette réalité incontournable. C’est pourquoi il convient d’observer au cas par cas les dossiers des Indépendants de la ruralité. Une solution idéologique globale, satisfaisante pour l’esprit, s’avère impossible dans le contexte actuel.